Dans le grand jeu de chaises musicales de l’industrie automobile, les certitudes fondent plus vite qu’une batterie de smartphone un soir d’orage. Tesla sous les 15 % de parts de marché mondiales, BYD qui double ses exportations en douze mois, Hyundai et Volkswagen qui gonflent leurs marges malgré des volumes en berne en Europe… et General Motors, qui tente de compenser la stagnation nord-américaine en pariant sur l’Amérique latine. Rien n’est figé, tout s’accélère.
Des alliances inédites entre constructeurs chinois et européens redessinent les stratégies établies. La transition électrique force les industriels à repenser leurs chaînes d’approvisionnement, à faire des choix parfois radicaux. La pression environnementale, les normes plus strictes, la montée de nouveaux venus : tout bouscule le classement. L’ordre établi vacille, la hiérarchie se transforme à vue d’œil.
Où en est le marché automobile mondial en 2025 ?
Le marché automobile mondial de 2025 traverse une phase de tension palpable. En France, les immatriculations reculent de 5 %, pour un total de 1,63 million de véhicules neufs. Ce chiffre marque la fin d’une période faste et l’entrée dans une zone d’incertitude pour les constructeurs automobiles. Les tendances révèlent une mutation en profondeur : les voitures électriques atteignent désormais 20 % de part de marché, tandis que les hybrides s’installent en force, totalisant 50,5 % des ventes. Le moteur essence tient encore à 21,2 %, mais le diesel poursuit inexorablement sa chute, plafonnant à 4,9 %. Quant au GPL, il se maintient discrètement à 3,4 %.
Petit tour d’horizon des dynamiques par zones ou pays :
- En France : le marché recule mais l’électrification s’accélère nettement.
- En Europe : la tendance est similaire, avec une progression rapide des modèles hybrides.
- Brésil, Turquie, Italie, Espagne : ces marchés deviennent des cibles privilégiées pour les constructeurs chinois en quête d’expansion.
Face à la baisse du neuf, le marché des véhicules d’occasion prend le relais, porté notamment par le succès de la Renault Clio, indétrônable en tête des ventes. Les véhicules utilitaires légers, eux, reculent de 5,6 %, signal clair d’un ralentissement qui touche aussi bien les secteurs industriels que les services.
Sur la scène internationale, le marché chinois s’impose comme la locomotive, influençant les stratégies de tous les grands groupes. L’Asie voit ses ventes de véhicules électriques s’envoler, tandis qu’aux États-Unis, l’industrie oscille entre la puissance du passé et la nécessité de se réinventer. L’Europe, elle, avance à pas mesurés : la croissance des hybrides ne masque pas l’ampleur des défis qui l’attendent.
Quels constructeurs tirent leur épingle du jeu cette année ?
En 2025, Renault s’impose en France. Sa part de marché grimpe à 17,5%, portée par les performances de la Renault 5 E-Tech et du Scenic E-Tech. Un bond de 1,2% qui contraste avec la grisaille ambiante. Dacia recule de 3,9% mais reste solide à 8,5%. Stellantis, pourtant leader européen, encaisse une chute de 7,1% : Peugeot perd 5%, Opel et Fiat plongent de 19,3% et 38,2%. Seules Citroën (+3,6%) et Alfa Romeo (+41,8%) affichent des hausses notables dans un ensemble qui s’effrite.
Chez les marques étrangères et challengers, la recomposition s’accélère. Volkswagen limite la baisse à -2,1%, mais le groupe se voit dynamisé par Skoda (+13,9%) et Cupra (+29,3%). Toyota, Hyundai, Kia, Mercedes-Benz, Ford : tous affichent des baisses à deux chiffres. Tesla, quant à elle, décroche en France avec une chute de 37,5%, dépassée par l’arrivée de nouveaux rivaux.
Le raz-de-marée chinois s’incarne dans la croissance éclatante de MG (+37,1 %, pour 2,1 % de parts). BYD s’impose sur la scène mondiale, dépassant Tesla en volume avec 2,26 millions d’unités vendues. Les exportations de BYD explosent, le constructeur s’installant en tête des ventes de véhicules à énergie nouvelle sur plusieurs marchés européens et asiatiques.
La nouvelle hiérarchie se dessine sur l’innovation, la capacité à penser l’électrification, et le jeu des alliances. Les marques historiques affrontent une concurrence chinoise qui avance vite, structure ses réseaux et s’ancre durablement.
Tendances majeures : électrification, innovations et nouveaux acteurs
L’accélération vers l’électrique ne laisse aucun répit. Les voitures électriques occupent désormais 20 % du marché français. Les hybrides grimpent à 50,5 %. L’essence recule, le diesel s’efface (4,9 %), le GPL accompagne la transition. Face à cette mutation, l’industrie revoit ses chaînes d’approvisionnement, ajuste sa gamme et doit composer avec des entrants venus de la tech comme de la Chine.
Quelques signaux forts à retenir :
- Xiaomi fait sensation avec sa gamme électrique SU7, brouillant la frontière entre mobilité et numérique.
- Huawei multiplie les partenariats avec les constructeurs, accélérant l’intégration logicielle.
- De leur côté, Renault ou Stellantis investissent dans la batterie et réorganisent leur offre, mais la concurrence ne relâche pas la pression.
Le marché mondial s’ouvre à des visages neufs. BYD, classé 90ème chez Interbrand, devient l’exemple à suivre. MG, Leapmotor, XPeng s’installent dans les radars des acheteurs en quête d’alternatives. Le salon automobile de Lyon attire 98 000 visiteurs et 55 marques, preuve d’une effervescence palpable. Les nouveaux venus innovent sur les motorisations, les services connectés, l’expérience à bord. Les anciens équilibres s’effritent ; la croissance ne se construit plus sur les mêmes bases.
Conseils pour les acheteurs : comment bien choisir dans un marché en pleine mutation
Le marché automobile bouge vite, les repères changent. Les voitures électriques et hybrides dominent désormais les achats neufs : 20 % pour les premières, plus de 50 % pour les secondes en 2025 en France. Dans l’occasion, la Renault Clio reste la référence avec 326 000 transactions, devant la Citroën C3 et la Peugeot 208.
Avant d’acheter, il vaut mieux se poser les bonnes questions : usage quotidien, réseau de recharge, coût global, revente. Les modèles thermiques classiques, qui ne représentent plus que 21,2 %, répondent encore à certains besoins, mais la tendance générale est claire. L’offre électrique s’étend, portée autant par les nouveaux venus que par les marques historiques en pleine transformation.
Quelques chiffres clés pour mieux s’orienter :
- Marché de l’occasion : progression de 0,8 % en 2025, avec plus de 725 000 annonces sur Leboncoin.
- Location courte durée : hausse de 14,5 %, une option pour essayer un modèle ou une motorisation avant de s’engager.
- Véhicules utilitaires légers : baisse de 5,6 %, mais Renault, Peugeot et Citroën restent plébiscités pour les usages professionnels.
La diversité de l’offre appelle à la prudence. Prendre en compte la disponibilité des pièces, la fiabilité reconnue (la Volkswagen Golf ou la Citroën C3 en sont des exemples), l’accès aux aides publiques, l’évolution des taxes locales. Dans ce marché porté par l’innovation et la volatilité, l’acheteur averti fait la différence. À chacun de naviguer cette nouvelle carte routière, où chaque virage peut révéler un nouvel équilibre.

